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bodha cisne 
Université Mondiale
Scientifico-Spirituelle

Section Éducative :

ALLIANCE UNIVERSELLE

                   Foyers de Conscience Spirituelle

ECOLE DE HAUTE SEGESSE (BODHA)

 

PROPOS   D’UN   PRINCE   SAUVAGE

            Le Prince Tamakhun avait pris congé de son Règne et s’absenta pendant un certain temps. Ses sujets dirent qu’il était renégat et qu’il avait épousé la croyance et le culte de la femme blanche dont les charmes l’avaient séduit.  Il avait abandonné son harem, ses palais, sa dignité et sa fortune car la civilisation des blancs lui promettait tant de choses.

            Le Prince Tamakhun avait entendu les Prêtres Catholiques de la Mission, entretenir les foules avec de longs sermons, et comme l’Église lui refusait tous droits divins et même une reconnaissance de droits historiques, il voulut connaître ce monde merveilleux de la Chrétienté.  Un soir d’hiver il profita de la profondeur de la nuit pour s’en aller. C’est ainsi qu’il s’enfuit dans le monde des civilisés.  

            Le Prince Tamakhun appartenait à une très ancienne civilisation, et malgré ses traditions et les coutumes auxquelles il était si habitué, il n’était pas satisfait de lui.  En réalité, comme disent d’aucuns, c’est un sage et comme tel, il ne rejette aucune opportunité de s’approcher de la Vérité et d’élever son Amé.

            Le Prince Tamakhun arriva au bout d’une longue aventure sur les routes du monde, à un endroit appelé Banshi.  Là il se décida de s’installer et d’y vivre pendant un certain temps, incognito. Sitôt pensé, sitôt fait.

            Bientôt le Prince Tamakhun se rendit à l’évidence des faits, et commença à sentir bien des amertumes, et la nostalgie s’empara de lui.  Un jour il dit à sa voisine, une jeune fille belle comme une gazelle et gracieuse comme un cygne : « Purima, comme je suis fatigué de cette existence. C’est stupide, vraiment de continuer ainsi. Je n’ai jamais senti tant le mal de vivre comme maintenant.  Je voudrais tant rejoindre mon pays, ou alors mourir définitivement.

            Purima, qui est aussi humble et sage que belle dit alors : « Tamakhun, tu parles comme un saint.  Vraiment tu m’étonnes parfois et je me demande bien d’où tu sors. A vrai dire tu es le seul homme que j’admire et en ta présence je me sens si heureuse et si protégée.  Tu es le seul homme qui me respecte et tu me parles comme si tu étais un frère tombé du ciel.  Mais que veux-tu que je te dise, le monde est comme il est, voilà tout.  Si tu avais une religion comme moi et si tu allais à l’Église les dimanches, tu ne t’embêterais ainsi, et tu serais sûrement plus heureux ».  Hélas dit Tamakhun j’ai tant aimé la démocratie, le Christ et la Religion dont parlent les Prêtres de mon village, que j’en étais ravi, et je suis venu ici, en plein cœur de la civilisation européenne pour mieux voire tout ceci, et voilà que je rencontre plutôt une complète désillusion.  Maintenant, c’est le désespoir, presque.  Si ce n’était pas parce que je suis éduqué dans des principes plus sacrés, je me suiciderais.  Ne vois-tu pas, O Purima, que le monde est tout le contraire de ce que l’on prêche, dit et prétend ?  Partout, au lieu de démocratie je ne rencontre plutôt qu’une ploutocratie odieuse qui se dispute le monde avec une plebeyocratie éhontée et crapuleuse.   Les Prêtres disent que le monde est sauvé et que l’humanité est protégée par Dieu, pourtant l’Église se contredit à chaque instant et prétend nous réhabiliter, nous dicter un mode de vie et nous racheter de nouveau !   On dit que Dieu a créé le monde et commande, garantit et protège toute vie, et pourtant les voyous et les filous de même que les gangsters et les crapules de la rue exploitent les crédules.  Donc la méchanceté s’empare du monde et les humbles sont leurs victimes constantes.  O, ce n’est pas de la démocratie que l’on trouve dans le monde, mais plutôt une démoncratie, et l’hypocrisie des autocrates se mesure par l’imbécilité et l’ignorance cultivées des âmes humbles et faibles ».

            Mais Tamakhun, dit Purima, d’où sors-tu ces propos-là.  Je vois bien ton raisonnement, et tu dis juste, mais si les gens t’entendaient parler ainsi, ils te lapideraient. « Peu importe, dit Tamakhun, ils m’ont déjà assez lapidé pour bien moins, du seul fait que je ne suis pas de leur croyance.  Ils parlent de Fraternité et de Bonté Chrétienne mais ils ne tolèrent pas une croyance différente à la leur et si l’on ne vit pas d’accord avec leur hypocrisie, ils vous traitent en démons ou ennemis.  Du reste je ne supporte pas leur atroce couardise et leur fausse vertu.  Leur morale n’est que du sexualisme exalté, mais sournoisement caché.  Leur vie se base sur une religion de boudoir et leur morale repose sur des données de bas ventre.  Cette civilisation est une infamie d’un bout à l’autre, et quand ce n’est pas une expression d’orgueil monstrueux, c’est succession de vices, de mensonges et de luxures sans fin.   Ce modernisme n’est qu’une civilisation de démons qui n’ont qu’une idée égoïste de Dieu, et une bourse au lieu de cœur.

            Purima dit alors à Tamakhun : « Tu as raison.  Allons-nous en vivre dans les forêts. »

                                                                          K.H.

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………. La vraie grandeur est toujours humble, sans ambages, ni façon, parce qu’elle est sincère.  La magnificence de l’enfant et de la jeunesse pure et fougueuse réside précisément dans le fait qu’ils sont toujours sincères….  Soyez des chercheurs de sagesse, mais tout en vous efforçant de réaliser la sagesse en vous-mêmes, par l’effort de la volonté, la capacité mentale et la candeur rayonnante de la conscience qui s’éveille….                K.H.

(Extraits d’une Lettre à Ses Disciples)